Archives pour la catégorie ‘Nourriture et Santé’
Tentatives de défense du projet relatif aux pesticides par la Commission
Le octobre 08, 2008 dans Agriculture, Directives européennes, Environnement, Nourriture et Santé
La dernière édition de Farmers Weekly contient une interview de Patricia Brunko, la chef de l’unité pesticides de la Commission européenne, dans laquelle elle tente d’exposer une défense du projet de remaniement du système d’approbation des pesticides de l’UE. Ce qui m’a frappé dans cette interview, c’est l’incertitude qui semble peser sur les conséquences probables de ce projet. Mme Brunko a cependant écarté une nouvelle évaluation d’impact que de nombreuses parties prenantes avaient pourtant réclamée, sous prétexte que l’évaluation d’impact initiale était suffisamment complète.
Mme Brunko qualifia l’éminente analyse des effets potentiels effectuée par PSD de « scénario clairement le plus pessimiste ». Elle déclara que certains des pesticides à retirer du marché « tomberaient de toute façon sous la révision actuelle des pesticides existants ». Cela fait bien sûr longtemps que des agents actifs sont retirés du marché pour des raisons réglementaires ou commerciales, mais pas dans la même mesure que ne le laissent prévoir certaines versions du nouveau cadre réglementaire. Mme Brunko argumente également que « pour d’autres, on ne sait pas encore très bien s’ils tomberont sous les critères ou non ». Or, c’est précisément cette incertitude qui est dommageable pour les agriculteurs et les producteurs.
Elle accuse également l’évaluation PSD de « ne pas tenir compte de nouveaux produits qui sont toujours en circulation, et dont la plupart pourraient être approuvés ». Mais il est évident que, pour des raisons commerciales, nous ne connaîtrons plus le même rythme de développement de produits que par le passé. Ceux d’entre nous qui s’intéressent aux biopesticides sont conscients du fait qu’ils sont présentés à l’enregistrement avec une lenteur décevante.
Le journaliste demanda à Mme Brunko comment elle définissait la perturbation endocrinienne. Ce premier critère de danger affectant les pesticides crée en effet une énorme confusion. Voici sa réponse : « À l’heure actuelle, nous travaillons d’arrache-pied à l’élaboration des lignes directrices, mais elles ne sont pas encore finalisées ». Voilà un exemple supplémentaire de l’inquiétante incertitude qui entoure les propositions.
Mme Brunko place également une grande confiance dans le nouveau système zonal pour l’approbation des autorisations de pesticides. Ce système constitue certes une avancée, mais de nombreux États membres s’y opposent et il pourrait donc ne pas être inclus dans le paquet législatif final ou seulement sous une forme diluée.


