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Archive de l'auteur

La question de la disposition dérogatoire

Le octobre 17, 2008 dans Directives européennes

Ceux qui affirment que des rapports tels que celui de la direction britannique de la sûreté des pesticides (UK Pesticides Safety Directorate (PSD)) exagèrent les répercussions probables des amendements proposés à la législation européenne sur les pesticides évoquent souvent l’existence d’une disposition dérogatoire au sein de la position commune du Conseil. Celle-ci permettrait, à défaut d’autres alternatives, de continuer à utiliser pendant encore cinq ans maximum des pesticides qui seraient sinon interdits. En d’autres mots, les répercussions seraient reportées de quelques années et ce délai permettrait à chaque pays de développer et de faire enregistrer de nouveaux produits, sauf que ce processus nécessite généralement plus de cinq ans. Lire la suite de l’article »

Tentatives de défense du projet relatif aux pesticides par la Commission

Le octobre 08, 2008 dans Agriculture, Directives européennes, Environnement, Nourriture et Santé

La dernière édition de Farmers Weekly contient une interview de Patricia Brunko, la chef de l’unité pesticides de la Commission européenne, dans laquelle elle tente d’exposer une défense du projet de remaniement du système d’approbation des pesticides de l’UE. Ce qui m’a frappé dans cette interview, c’est l’incertitude qui semble peser sur les conséquences probables de ce projet. Mme Brunko a cependant écarté une nouvelle évaluation d’impact que de nombreuses parties prenantes avaient pourtant réclamée, sous prétexte que l’évaluation d’impact initiale était suffisamment complète.

Mme Brunko qualifia l’éminente analyse des effets potentiels effectuée par PSD de « scénario clairement le plus pessimiste ». Elle déclara que certains des pesticides à retirer du marché « tomberaient de toute façon sous la révision actuelle des pesticides existants ». Cela fait bien sûr longtemps que des agents actifs sont retirés du marché pour des raisons réglementaires ou commerciales, mais pas dans la même mesure que ne le laissent prévoir certaines versions du nouveau cadre réglementaire. Mme Brunko argumente également que « pour d’autres, on ne sait pas encore très bien s’ils tomberont sous les critères ou non ». Or, c’est précisément cette incertitude qui est dommageable pour les agriculteurs et les producteurs.

Elle accuse également l’évaluation PSD de « ne pas tenir compte de nouveaux produits qui sont toujours en circulation, et dont la plupart pourraient être approuvés ». Mais il est évident que, pour des raisons commerciales, nous ne connaîtrons plus le même rythme de développement de produits que par le passé. Ceux d’entre nous qui s’intéressent aux biopesticides sont conscients du fait qu’ils sont présentés à l’enregistrement avec une lenteur décevante.

Le journaliste demanda à Mme Brunko comment elle définissait la perturbation endocrinienne. Ce premier critère de danger affectant les pesticides crée en effet une énorme confusion. Voici sa réponse : « À l’heure actuelle, nous travaillons d’arrache-pied à l’élaboration des lignes directrices, mais elles ne sont pas encore finalisées ». Voilà un exemple supplémentaire de l’inquiétante incertitude qui entoure les propositions.

Mme Brunko place également une grande confiance dans le nouveau système zonal pour l’approbation des autorisations de pesticides. Ce système constitue certes une avancée, mais de nombreux États membres s’y opposent et il pourrait donc ne pas être inclus dans le paquet législatif final ou seulement sous une forme diluée.

Denrées alimentaires plus chères par les restrictions sur les pesticides

Le septembre 22, 2008 dans Agriculture, Directives européennes

Les prix au détail des denrées alimentaires pourraient augmenter considérablement si le Parlement européen parvient à imposer sa version des propositions visant à réduire l’accès aux pesticides dans l’agriculture. C’est la conclusion majeure d’un nouveau rapport rédigé par l’économiste Sean Rickard de la Cranfield School of Management sur l’impact qu’aurait le projet de loi de l’UE relatif à l’utilisation des pesticides.

Si l’on s’en tient au scénario le plus sévère avancé par le Parlement européen, 85% des pesticides actuellement sur le marché seraient interdits, ce qui réduirait d’environ 100 millions de tonnes la production céréalière de l’UE, avec un doublement des prix des céréales sur les marchés. Selon les calculs de M. Rickard, une augmentation de £100 (€ 127) de la tonne de blé pourrait engendrer une majoration de 9 pence (€ 0,11) du pain, de 3 pence (€ 0,04) le litre de lait et de 40 pence (€ 0,51) le kilo de viande de porc. Le prix des pommes de terre doublerait. M. Rickard estime que l’inflation des prix des denrées alimentaires gagnerait 10% supplémentaires.

Le rapport signale en outre que ces majorations de prix ne permettraient pas pour autant de compenser les pertes de rendement des agriculteurs. Quant aux éleveurs de bétail, ils seraient confrontés à une augmentation des prix des aliments qui forcerait nombre d’entre eux à abandonner leur activité. Le Royaume-Uni assisterait à une aggravation de £ 14 milliards (€ 17,78 milliards) de son équilibre déficitaire sur les marchés des produits alimentaires, nécessitant des importations accrues face à une autonomie alimentaire toujours plus faible.

Dans bien des cas, les propositions forceraient les agriculteurs à compenser la disparition des produits de protection des récoltes par l’extension des cultures. Le secteur agricole deviendrait de ce fait plus dépendant des carburants et augmenterait ses émissions de carbone.

L’interdiction des pesticides risque d’ébranler en profondeur le secteur de la betterave sucrière

Le septembre 08, 2008 dans Agriculture, Directives européennes

Selon la British Beet Research Organisation, ce qui subsiste du secteur de la betterave sucrière au Royaume-Uni pourrait bien être éliminé complètement si le Parlement européen donne force de loi au plan de restructuration de la gamme de pesticides accessibles aux agriculteurs. Les propositions de la Commission auraient un impact relativement réduit. « En revanche, les propositions du Parlement porteraient un coup fatal à l’industrie sucrière au Royaume-Uni étant donné qu’il serait trop onéreux de faire pousser en rangs serrés des betteraves saines et exemptes de mauvaises herbes sans recourir aux traitements des semences et insecticides utilisés, des méthodes qui ne seront pas approuvées. »

Sans le traitement des semences, les agriculteurs devront à nouveau semer de grandes quantités de semences, puis éliminer les plantes les plus faibles pour ne conserver que celles qui arriveront à maturité. Cette méthode exige beaucoup de main-d’œuvre, qui a d’ailleurs été très difficile à trouver lorsque cette méthode a été utilisée pour la dernière fois avant 1965. Selon les organismes de recherche, cette technique est impraticable aujourd’hui. D’autant plus que d’autres secteurs de l’agriculture britannique, notamment les fruits, ont beaucoup souffert cet été de la pénurie de main-d’œuvre après l’instauration de nouvelles restrictions sur la main-d’œuvre étrangère.

Les propositions du Parlement n’autoriseraient que trois des neuf herbicides utilisés actuellement dans la lutte contre les mauvaises herbes à grandes feuilles. La concurrence entre les betteraves et les mauvaises herbes durant les six semaines capitales qui suivent la germination aurait pour effet de dévaster la production. Le plan du Parlement n’autoriserait aucun insecticide, essentiellement en raison de la menace supposée pour les abeilles, même si ces dernières ne butinent que rarement les champs de betteraves.

La BBRO évalue que les marges brutes passeraient de la moyenne actuelle de £648 par hectare à £537 par hectare avec la proposition de la Commission et à moins de £215 par hectare avec les propositions du Parlement. Les frais fixes dans les installations agricoles de l’Est de l’Angleterre – où se concentre l’essentiel de la production de betteraves sucrières – atteignaient une moyenne de £759 par hectare in 2006.

Même si la rotation des cultures est bénéfique à la betterave sucrière, de telles marges signifieraient la disparition de l’industrie sucrière au Royaume-Uni. Or, un niveau de production minimal est nécessaire pour maintenir opérationnelles les raffineries de sucre du Royaume-Uni.

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